FXB travaille au Burundi depuis 2006. Ses objectifs sont de sortir des familles de l’extrême pauvreté et de reconstruire des maisons détruites lors des inondations de 2014 et 2018.

Contexte

Le Burundi est l’un des pays les plus pauvres au monde avec un PIB par habitant de 315 USD (2015). Il compte plus de 11 millions d’habitants, dont 70% vivent sous le seuil de pauvreté. Depuis son indépendance en 1962, le pays connaît de nombreuses crises politiques qui ont entraîné de graves flambées de violence entre les deux principaux groupes ethniques, la majorité Hutu et la minorité Tutsi. L’instabilité politique a pris une tournure dangereuse depuis 2015 et près de 400’000 personnes ont fui, en quête de sécurité, vers les pays voisins. Les habitants du Burundi sont confrontés à une crise humanitaire dans laquelle se cumulent récession économique, insécurité, crise alimentaire et épidémie de paludisme. Le phénomène El Nino affecte aussi ce pays, avec des pluies torrentielles causant d’innombrables dégâts. Les maisons, souvent construites en fragiles briques de terre séchées, ne résistent pas aux inondations et autres coulées de boues venues des collines, aggravant encore ainsi le poids de la misère des familles vivant dans l’extrême pauvreté.

FXB en action

Sortir des familles de l’extrême pauvreté :

Suivant une méthodologie de lutte contre la pauvreté initiée par FXB en 1991, le modèle VillageFXB, l’organisation accompagne 1’500 personnes de la région de Buterere et de Bujumbura rural sur le chemin de l’autonomie économique aussi bien que sociale.

Les conditions de vie sont particulièrement précaires à Buterere, véritable dépotoir à ciel ouvert des ordures des communes alentours. Les communautés vivent dans des conditions d’insalubrité à la limite du supportable, l’air y est irrespirable. On y note aussi la présence d’une forte minorité Batwa vivant à l’écart du quartier. Les Batwa représentent 1% de la population burundaise. Ils sont victimes de stéréotypes négatifs et subissent la ségrégation et le déni de leurs droits.

Lutter contre la pauvreté implique aussi de lutter contre les discriminations liées au genre et de d’équilibrer les relations entre hommes et femmes pour que celles-ci, plus exposées à la pauvreté, puissent accéder aux mêmes opportunités économiques et sociales. FXB promeut l’autonomisation des femmes et l’égalité entre les sexes comme facteurs déterminants de lutte contre la pauvreté.

Les 2 programmes de Développement Communautaire VillageFXB en cours s’attaquent  simultanément à cinq facteurs prédominants responsables de la pauvreté: la malnutrition, la maladie, le déficit d’éducation, l’insalubrité des logements et le manque de revenus : 

  • Cette approche intégrée associe notamment l’accès à la sécurité alimentaire, à des services de santé adéquats et à la prévention des maladies, à l’éducation, à un logement salubre et à des installations sanitaires ainsi qu’à une source de revenus réguliers à travers la création d’activités génératrices de revenus.
  • Les activités génératrices de revenus nouvellement créées permettent progressivement aux familles d’obtenir suffisamment de revenus pour faire face à leurs besoins quotidiens et pour se libérer des autres facteurs de pauvreté.
  • En fournissant des services essentiels, FXB veille à ce que les familles s’épanouissent et que les enfants atteignent leur plein potentiel.
  • Dans le but de créer un impact durable et global et de susciter une mobilisation sociale, FXB organise parallèlement des sessions de renforcement des capacités à destination des participants au programme ainsi qu’aux communautés alentours. De nombreux sujets sont abordés comme le planning familial, l’égalité des genres, la protection de l’environnement, l’hygiène, la santé, la prévention au VIH/sida et autres maladies, la prévention des abus et les droits des femmes et des enfants.

Impact : 

FXB a déjà développé 8 programmes VillageFXB au Burundi à destination de 6’000 bénéficiaires directs. Près de 15’000 autres personnes ont par ailleurs été sensibilisées à travers les sessions communautaires de renforcement des capacités. 2 programmes sont en cours de développement.

  • De janvier 2012 à janvier 2014, trois évaluations externes successives menées par un évaluateur indépendant ont eu lieu afin de mesurer la pérennité des résultats du programme VillageFXB de Nyakabiga au Burundi, un an, deux ans et trois après la fin de ce dernier. Les résultats de ces évaluations montrent que 98.2% des enfants vont toujours à l’école, 93.7% des ménages mangent 2 fois par jour ou plus, 88.9% des enfants de moins de 5 ans ont un périmètre brachial normal et les familles sont en mesure d’épargner 207’000 Francs burundais par an (environ 132 USD). De plus, l’accès aux soins de santé est maintenu dans le long terme car tous les accouchements ont été assistés par du personnel médical. Notons que la crise socio-politique et humanitaire et l’inflation rampante qui prévalent depuis 2015 auront une influence sur les résultats économiques des anciennes familles participantes.
  • « J’ai environ 32 ans, je dis environ car dans mon pays, le Burundi, l’ethnie Batwa dont je fais partie n’a pas de papiers officiels ni d’acte de naissance. Notre extrême pauvreté, la discrimination que nous nous subissons et notre ignorance nous en excluent. On ne nous recense pas, il est convenu de dire que nous représentons plus ou mois 1% de la population burundaise. Du coup, comment avoir accès à d’autres droits ? Nous sommes les Pygmées. Répartis aussi en Ouganda, en République démocratique du Congo et au Rwanda. Comment pouvons-nous nous défendre devant la justice ? Il ne fait pas bon être Pygmée en Afrique »Lire la suite du témoignage de Dorothée, participante à un des programmes VillageFXB. 
  • Découvrez le documentaire Generation Rescue qui a recueilli les témoignages de quatre femmes participant aux programmes VillageFXB.

Reconstruire des maisons détruites lors des inondations:

Les pluies diluviennes qui se sont abattues dans la région de Bujumbura ont engendré des dégâts immenses, des disparus et des milliers de sinistrés, notamment en 2014 et 2018. Les familles soutenues par FXB dans ces zones n’ont pas échappé au désastre. Leurs maisons et les latrines, souvent construites en fragiles briques de terre séchée, n’ont pas résisté aux inondations et autres coulées de boue venues des collines environnantes. Leurs effets personnels ont été emportés et leurs activités agricoles englouties.

Grâce à la réactivité et au grand soutien de la Fondation Roi Baudoin, de la Fondation Arcanum, de la Solidarité Internationale du Canton de Genève et de la SDC (Swiss Developement Cooperation), FXB a été en mesure de réunir les fonds nécessaires au redémarrage des activités agricoles, à la réparation ou la reconstruction des maisons et des latrines de ces familles qui ont tout perdu ou presque et qui survivent sous des tentes de fortune, attendant de retrouver un toit.

Dans une perspective de préparer ces communautés aux futurs chocs climatiques, FXB a fait le choix de construire les maisons en briques semi-industrielles, respectueuses de l’environnement et des conditions de travail – sachant que les briques traditionnelles sont principalement fabriquées par les enfants.